L’automne instillant lentement sa froideur dans nos campagnes, c’est le moment de prendre le temps de se poser, de se recentrer sur les choses importantes, de faire de l’introspection positive.
Quelquefois les choses importantes sont celles qu’on ne voit pas, auxquelles on ne prête nulle attention.
Et puisque nous sommes dans une page sur le thème des bâts, je vais vous parler de ce petit élément que a transformé à jamais le monde du bâtage : le plot-caoutchouc.
Quand un visiteur s’approche de notre stand, dans une fête des ânes, et qu’il commence à étudier la structure de nos bâts, il s’arrête toujours longuement sur le patin articulé, le fait gigoter dans tous les sens, le tord et le retord, pour finir par relever la tête et nous dire : « C’est génial ce truc-là… Plus de point d’appui, plus de blessure… ».
Aujourd’hui, en 2025, c’est devenu une évidence. Mais quand nous avons présenté notre premier bât, début 2009, la chose n’allait pas de soi. Et pourtant nos premiers plots provenaient de la marque Stihl, qui fournit de nombreux outils à moteur pour le jardinage. Avec une telle référence, et de telles contraintes mécaniques, nous étions à peu près certains que l’idée était bonne et que le modèle était résistant. Effectivement ça a marché.
Un peu plus tard, l’archange Bâgriel, le protecteur de l’entreprise, nous a fait rencontrer un ingénieur spécialiste du caoutchouc, qui nous a conseillé certains modèles et nous a enseigné certaines données mécaniques essentielles.
– La dureté du caoutchouc, qui s’exprime en Shore : nous utilisons du 60 Shore, le meilleur, le plus solide. Ce sont les plots qu’on retrouve sur les moteurs thermiques engendrant de hautes vibrations. Alors les vibrations d’un âne au pas…
– La résistance à l’écrasement : les plots que nous mettons sur les patins pourraient supporter 4 fois la charge. En supposant que le bagage pèse 50 kg, on pourrait monter jusqu’à 200 kg (sur un âne…).
– La résistance à la torsion : c’est le point le plus délicat, car si le caoutchouc supporte allègrement la torsion, c’est là son essentielle qualité, il supporte mal de rester tordu des mois durant. C’est pour ça que nous insistons bien sur le nécessaire stockage d’hiver sans appuyer sur les patins. Sur une dizaine de milliers de plots livrés, nous avons dû en changer une quinzaine, essentiellement à cause d’un stockage défectueux avec le patin en torsion pendant 6 mois… Sans conséquence grave, car un plot ne coûte pas cher et se change en quelques minutes.
Il existe seulement 2 entreprises en Europe capables de livrer des plots caoutchouc industriels de haute qualité, une au Pays Basque espagnol, une autre en Italie du nord. Nous travaillons uniquement avec eux.
Et ce petit plot invisible, humble et besogneux, donne à nos animaux ce qui est pour eux le plus précieux : le confort de travail, avec une surface d’appui souple et douce, qui s’adapte à chaque seconde à la forme du dos en mouvement.
Que cet automne vous soit doux et caressant comme le patin d’un bât Randoline !
