Juillet 2006. Au petit matin je me suis présenté devant le bac qui traverse la Vistule, en face d’une petite ville au nom imprononçable.
Les piles de l’ancien pont étaient encore debout. Détruit en 1944, jamais reconstruit. Ça m’arrange bien, car il est beaucoup moins dangereux de traverser sur un bac que d’emprunter un pont routier.
Pas de question posée, Ferdinand et moi embarquons entre une remorque et une camionnette.
La veille au soir j’avais demandé l’autorisation de camper près d’une ferme. A 21h, à part le grand-père désolé, les autres étaient ronds comme des queues de pelle après avoir éclusé moultes bouteilles de vodka. Bourrés et lamentables. Ce fut ma seule expérience désagréable en Pologne, où l’alcoolisme demeure un fléau.
A peine étions-nous arrivés au ponton qu’une équipe de journalistes du papier local me kidnappait de force pour le reportage de l’été. Un Franzouski avec un âne, ça fait la une…
L’article, qui paraitra le lendemain, m’ouvrira bien des portes toute la semaine suivante…
