Juillet 2006, 20 ans déjà…
Une photo typique de ce beau voyage entre Berlin et Riga. D’immenses forêts de résineux, de chênes et de hêtres, une belle campagne vallonnée et cultivée, des petits villages pauvres mais fleuris.
Sur cet axe de voyage, nous marchons souvent sur un territoire qui fut allemand avant la dernière guerre. En 1945 Staline décida de repousser la frontière entre la Pologne et l’Allemagne 200 km plus à l’ouest. Pour équilibrer le tout il fit de même sur la frontière entre la Pologne et l’Union soviétique. La Silésie, la Poméranie, la Prusse changèrent alors de pays. Tous les habitants allemands furent expulsés et les Polonais chassés des territoires de l’est s’en vinrent s’installer à l’ouest. Puis se mit en place le régime communiste. Les grosses maisons allemandes de briques, faute de matériaux d’entretien, prirent quelques rides avec le temps, tout en conservant leur ancienne grandeur. Les châteaux tombèrent en ruine. Puis vint en 1979 la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme. Mais il faudra des dizaines d’années pour que la Pologne retrouve des moyens financiers afin de remettre le patrimoine en état.
On marche aussi sur des territoires polonais depuis toujours. Alors l’habitat change complètement. Ce sont des isbas et des dépendances en bois, simples et chaleureuses.
Presque chaque soir les familles proches de mon campement m’invitent à partager la table de famille. Et toujours on me présente fièrement les petites saucisses polonaises fumées dans le fumoir au fond du jardin, les fameuses kéoubasa. C’est bon mais des kéoubasa le matin, des kéoubasa à midi et des kéoubasa le soir, ça finit par être un peu lassant… C’est un peu comme la salade grecque lors de ma traversée des montagnes de ce pays… Alors, hypocritement, on apprend à dire, les yeux brillants de bonheur, comme cette kéoubasa-là est la plus succulente du monde slave…
Mais tout cela est bien peu important. Seule compte cette délicate hospitalité, et ces moments partagés.
