Nous avons quitté Berlin et avons franchi l’Oder, la frontière de Pologne. Des policiers hilares qui ne réclament aucun papier pour l’âne.
Dans ma poche, un petit opuscule « le polonais en 20 leçons », que je consulte chaque jour durant les longues heures de marche. La langue est difficile, mais très belle. Toutefois, une fois qu’on a compris la mécanique des engrenages des W, des X et des Y, on arrive assez facilement à lire les panneaux et prononcer les mots. Une chance : je rencontre une jeune femme belge d’origine polonaise, qui accepte de me recopier les quelques phrases nécessaires à la survie.
Nous ne sommes plus en zone Euro, et j’ai dû changer une partie de ma fortune en Zlotys. Le premier boulot : apprendre par cœur en compter dans cette nouvelle langue et cette nouvelle monnaie.
Les Polonais sont chaleureux et très accueillants pour l’âne et l’ânier. Première vision d’enfance dans une clairière en forêt. Une petite maison, un puits dans la cour, je demande de l’eau à une vieille babouchka. Elle laisse filer la chaine au fond du puits, près de 30 mètres (nous sommes dans une zone d’anciennes moraines glaciaires) et remonte lentement la manivelle, avec le couinement dont chacun se souvient. Puis elle remplit ma gourde d’une eau glacée délicieuse… Bardzo dziękuję, proszę pani.
