acte 1 – Samedi 3 juillet 1993 : Mon petit âne Ferdinand et moi sommes arrivés, après 70 jours de marche, devant la cathédrale de Santiago. Un grand jour empli d’émotion qui marque une vie.
acte 2 – Devant le grand escalier de la cathédrale se tient un photographe officiant avec la chambre noire d’un antique appareil photo. Cet homme insiste pour prendre un cliché sépia de notre équipage sans me demander aucune rétribution. Il pose un chapeau de pèlerin sur ma tête et met au point son appareil.
acte 3 – Quelqu’un, que je ne remarque pas, prend la photo-couleur que vous voyez sur votre écran.
acte 4 – De retour aux Sables d’Olonne, quelques semaines plus tard, un ami passe à la maison. Il était en vacances en Espagne et a feuilleté négligemment un numéro de la revue El Pais (le Paris-Match espagnol) qui traînait dans la dune. En page centrale, un pèlerin avec un âne à Compostelle. Il regarde attentivement et trouve une ressemblance entre le fada du cliché et son ami. Il me pose la revue sur la table et me demande à tout-de-go si je ne suis pas allé récemment en Hispanie avec un bourri. Difficile à nier…
Que les statisticiens des probabilités essaient de calculer le pourcentage de chance que mon ami avait, sur une plage espagnole, de trouver en page centrale du plus grand hebdomadaire espagnol la photo d’un de ses potes…
acte 5 – j’écris à la revue El Pais (il n’y a pas de mail à cette époque) et leur demande si par hasard ils auraient la gentillesse de me donner un double de la diapositive.
acte 6 – ils acceptent et c’est cette photo que vous voyez présentement.
Curieusement cette place magnifique se nomme Praza do Obradoiro, ce qui veut dire en galicien Place de l’Atelier. Comment ne pas faire un lien entre ce vocable et le petit atelier Randoline blotti sous les chênes dans le Quercy joli ? Compostelle, les ânes, les bâts, tout se rejoint…
