Nous avons jugé utile de faire une petite mise au point concernant notre bât historique, le Balissandre, dont environ 1200 exemplaires randonnent aujourd’hui dans toute l’Europe.
À côté des éloges qui font toujours plaisir, nous avons lu quelques critiques sur les forums concernant sa stabilité. Or s’il est un bât stable de par le monde, c’est bien ce modèle-ci.
Après quelques enquêtes et questionnements, et notre retour d’expérience de clients au départ de randonnée, nous avons fini par comprendre d’où venait le problème.
Le Balissandre a une particularité de construction que beaucoup apprécient, c’est le berceau plat sur le dessus, qui permet de positionner avec précision une charge, une caisse, un sac, sans qu’ils ne glissent ou ne vacillent de droite à gauche.
Oui mais voilà, le Balissandre et son berceau n’échappent pas à la loi universelle de la gravité. Ce n’est pas parce qu’il possède un berceau plat qu’on peut y mettre un sac de 20 kg. De la même façon, ce n’est pas parce qu’on a monté une jolie galerie sur le toit de sa voiture qu’on peut y grimper une tonne de matériel…
Si le poids de la charge supérieure n’est pas équilibré par les sacoches droite et gauche, le centre de gravité va se retrouver au-dessus de la colonne vertébrale et le bât finira par chavirer au pire ou bien mettre l’animal en situation d’inconfort au mieux.
Le bât de charge de l’armée suisse, un des meilleurs bâts construits, respectait cette règle physique universelle : si la mitrailleuse posée en haut pesait 20 kg, il fallait compenser par deux caisses de munitions de 40 kg sur chaque flanc.
Quand certains clients, partant pour un long voyage, nous ont appelé pour expliquer leur problème, nous leur avons fait changer le mode de chargement et tout est rentré immédiatement dans l’ordre. Le bât n’a plus bougé jusqu’à la cathédrale de Compostelle… Dans les sacoches, les choses lourdes, sur le berceau du bât, les choses légères (duvets, matelas pneumatiques, tente). Le centre de gravité de l’ensemble se retrouve alors sous la colonne vertébrale et tout reste en place, tout le temps, quelle que soit la rudesse du sentier.
Voila, il fallait que ce fut dit… Si Isaac Newton, qui a mis en équation la gravité universelle, avait reçu un bât sur l’occiput au lieu de prendre une pomme sur la tête, on n’aurait pas eu à faire cette mise au point…
